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Nicolas KLEIN présente la Chaire ISI RIDER

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Nicolas KLEIN présente la Chaire ISI RIDER
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Découvrez la nouvelle Chaire ISI RIDER, Incertitude et Systèmes d’Informations : Risques nouveaux et Dynamiques d’EmERgence au LEMMA

La Chaire ISI RIDER est une des trois chaires de professeur junior (CPJ) de l'université. La CPJ a été mise en place par la loi de programmation pour la recherche, elle constitue une nouvelle voie de recrutement permettant d’accéder à un emploi de titulaire dans le corps des professeurs d'universités et assimilés ou de directeurs de recherche. Le recrutement s’effectue sur un projet de recherche et d’enseignement porté par un titulaire de doctorat ou de diplôme équivalent.

Entretien avec Nicolas KLEIN, professeur junior à l'Université Paris-Panthéon-Assas, qui présente la Chaire de professeur junior ISI RIDER dont il est titulaire.

Pouvez-vous vous présenter ?

Je suis Luxembourgeois et ai grandi dans le quartier de Beggen, à Luxembourg-ville. J’ai commencé mes études en sciences économiques à Munich en 2002, où j’ai obtenu mon doctorat en 2010 sous la supervision du professeur Sven RADY. Après avoir passé deux ans comme post-doctorant à la Chaire du professeur Benny MOLDOVANU à l’Université de Bonn, j’ai rejoint le département de sciences économiques de l’Université de Montréal en 2012, d’abord comme professeur adjoint, ensuite comme professeur agrégé depuis 2019. Depuis décembre dernier, je suis titulaire de la Chaire « Incertitude et Systèmes d’Information : RIsques nouveaux et Dynamiques d’émERgence (ISI RIDER) » de l’Université Paris-Panthéon-Assas, rattachée au Laboratoire d'économie mathématique et de microéconomie appliquée (LEMMA).

Quels sont vos thèmes de recherche ?

Ma recherche se situe dans le domaine de la microéconomie, qui, par opposition à la macroéconomie, part du calcul d’optimisation d’agents individuels. Elle est d’ordre théorique, c’est-à-dire que je m’efforce de démontrer des résultats mathématiques de la forme : « Si x est vrai, alors y est vrai. », ceci dans le contexte de modèles dont j’espère qu’ils dépeignent certains aspects de la réalité économique. Plus précisément, je m’intéresse aux interactions stratégiques (c’est-à-dire aux situations où le bien-être d’un agent donné dépend aussi du comportement d’autrui, et que donc les agents ont intérêt à induire certains comportements de la part d’autrui) et dynamiques (c’est-à-dire des situations qui évoluent au fil du temps). En particulier, j’ai beaucoup travaillé sur ce qu’on appelle les modèles de bandits manchots stratégiques, qui servent à analyser des situations où l’information produite par un agent bénéficiera dans le futur à d’autres agents. 

Pouvez-vous nous présenter la Chaire Incertitude et Systèmes d’Information : RIsques nouveaux et Dynamiques d’émERgence (ISI RIDER) du LEMMA et nous indiquer dans quel cadre a-t-elle été créée ?

Le projet de Chaire ISI-RIDER a pour vocation d’investir l’un des principaux champs thématiques autour desquels se déploie l’Université Paris-Panthéon-Assas, à savoir le traitement scientifique des risques émergents — catastrophes naturelles, épidémies, crises financières, etc. — sous l’angle ici de la modélisation théorique (via la théorie de la décision et celle des jeux) et de l’appréhension statistique (via l’économétrie, la simulation, les expériences en laboratoire).
La Chaire ISI-RIDER envisage d’approfondir théoriquement et empiriquement la question sensible de l’émergence des risques nouveaux, une question dont le LEMMA a d’ores et déjà commencé de se saisir de façon abstraite, et d’étendre le domaine d’investigation de cette réflexion d’un point de vue tant théorique que sociétal en privilégiant un angle à la fois informationnel et dynamique. Ce sujet est particulièrement d’actualité à l’heure où la planète rencontre une concentration de difficultés nouvelles qui s’inscrivent de manière aiguë dans une perspective de court et moyen terme nécessitant la mise en commun des compétences relevant des sciences économiques, des sciences de l’information, des statistiques, des mathématiques, voire du droit, de la science politique ou de la géopolitique. Cette nécessaire transversalité s’inscrit parfaitement dans le cadre des Collèges de Formation et de Recherche (CFR) tels qu’ils ont été conçus en tant que lieu d’échange scientifique et de production de savoirs mutualisés.

Quels sont les objectifs de la Chaire ?

Les risques nouveaux, sanitaires et environnementaux par exemple, présentent des singularités scientifiques (influence de la connaissance croissante sur la prise de décision, hétérogénéité des croyances, difficulté d’observation des comportements ou résultats d’autrui, retard dans les observations…) qui nécessitent qu’on les envisage dynamiquement plutôt que statiquement. En gros, les objectifs de la Chaire peuvent donc se  décliner comme suit :

  • envisager voire d’améliorer les réponses possibles de la théorie de la décision à l’émergence de situations de risque ou d’incertitude à propos desquelles il n’existe guère de recul, d’expérience empirique susceptible d’éclairer la modélisation, de ces risques nouveaux ;
  • étudier les comportements d’expérimentation stratégique dans un environnement incertain, i.e., dans le contexte d’une situation où les individus souhaitent à la fois améliorer leurs connaissances et optimiser leurs décisions.