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Accueil - Université - Communication - Temps forts - Temps forts 2012-2013 - Un étudiant à l'honneur : Gaël Rivière

Un étudiant à l'honneur : Gaël Rivière

Un étudiant à l'honneur : Gaël Rivière
Photo du hall du centre Assas
Gaël Rivière, étudiant en Master 2 à Assas, a été médaillé d’argent dans la discipline cécifoot lors des derniers jeux olympiques de Londres

Gael RiviereEn quelques mots, qui êtes-vous Gaël ?

Gaël Rivière : J'ai 22 ans et je suis actuellement en master 2 de droit des affaires et fiscalités. J'ai suivi l'essentiel de mon cursus en droit à Assas, mais j'ai commencé par une première année de licence en droit à l'université de la Réunion. Outre le football, qui, au vu du temps que j'y consacre, est sans aucun doute une passion, je m'intéresse également beaucoup aux nouvelles technologies qui sont pour les non-voyants un vecteur d'indépendance considérable. Je fais également partie du bureau d'une association oeuvrant pour la pratique en toute autonomie des sports mécaniques par les non-voyants.

Qu'est ce que le cécifoot ? Et comment se passe une préparation olympique?

GR : Le cécifoot est, pour simplifier, du football pratiqué, moyennant quelques adaptations, par des non-voyants. Cette discipline se pratique à cinq contre cinq (quatre joueurs de champs non-voyants et un gardien voyant), sur un terrain de la taille d'un terrain de handball (40 x 20 m), durant deux périodes de 25 minutes.
Le ballon est sonore et, derrière chaque but, un guide est chargé d'indiquer la cible aux attaquants de son équipe. De plus, il existe une règle majeure qui oblige chaque joueur faisant une action de jeu, sans être en possession du ballon, à se signaler en disant « voy ».
Une préparation olympique ? Je dirais que cela représente trois ans d'endurance et un an de sprint. Il faut travailler beaucoup pendant trois années pour ne serait-ce que se qualifier pour les Jeux, et ensuite durant un an, il faut redoubler d'efforts pour essayer de ne pas passer à côté de l'évènement. Les entraînements et les stages de préparations sont démultipliés durant les mois qui précèdent la compétition. Paradoxalement, la période qui suit la qualification est la plus difficile à gérer parce qu'on est tiraillé entre l'envie d'en faire toujours plus pour être prêt et la crainte de se blesser.

Gaël Rivière

Avez-vous demandé un aménagement spécifique à l'université pour combiner vos études, votre activité sportive et votre handicap ? Si oui, cet aménagement a-t-il été satisfaisant ? Avez-vous des suggestions pour améliorer ses services ?

GR : En réalité, l'aménagement principal que j'ai demandé était un changement de travaux dirigés afin de pouvoir assister à mes entraînements. En outre, je dois préciser que je me suis beaucoup servi des podcasts afin de rattraper les cours magistraux auxquels je ne pouvais assister. Cependant, il est vrai que j'ai une ou deux fois dû m'absenter lors de compétitions, dont les dates tombaient souvent pendant les périodes des galops ou d'interrogations dans les travaux dirigés... Je dois dire qu'à chaque fois les professeurs m'ont permis de rattraper ces épreuves. C'est grâce à ce mélange d'aménagement, d'utilisation des ressources existantes, et de bonne volonté des professeurs que j'ai pu concilier une pratique intense d'un sport avec des études universitaires. Je pense que pour les autres étudiants ayant une pratique sportive de haut-niveau, la généralisation des podcasts pourrait être une aide appréciable, mais chaque sport a des exigences particulières.

Quels sont vos projets d'avenirs ?

GR : A court terme, j'envisage de faire une année aux États-Unis dans le cadre d'un LL.M. après avoir intégré le CRFPA. Je souhaiterais devenir avocat, de préférence dans un cabinet de droit des affaires. Enfin, j'espère avoir la chance, un jour, de revivre des Jeux paralympiques.

Une petite anecdote ?

GR : J'ai commencé à jouer au foot quand j'avais cinq ou six ans avec mes voisins, mais à l'époque j'ignorais totalement l'existence de ballon sonore et encore plus du cécifoot. Alors, pour jouer, j'ai eu l'idée de mettre un sac plastique sur le ballon pour qu'il fasse du bruit. L'idée d'utiliser « un simple sac plastique » m'a toujours conforté dans la conviction que beaucoup de choses peuvent être « adaptées » moyennant des efforts minimes. J'ai continué à jouer comme ça une bonne dizaine d'année, avec malheureusement une consommation de sacs plastiques considérable !

Gaël Rivière