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Vie de l'établissement
Publié le 22 février 2010
Les trois universités Panthéon-Assas (Paris 2), Paris-Sorbonne (Paris 4) et Pierre et Marie Curie UPMC (Paris 6), réunies dans le PRES Sorbonne Universités, expriment leur total désaccord avec les conclusions du rapport Larrouturou, rendues publiques le 19 février 2010.
UN RAPPORT QUI NIE L'AUTONOMIE DES UNIVERSITES
Ce rapport nie le principe même d'autonomie des universités. Décalé et anachronique, il ne répond pas à leurs attentes et ne correspond pas à leurs besoins.
Il s'agit en réalité d'oukases, mal argumentés, mal documentés, établis sans concertation ni avec les universités ni avec les collectivités locales. Quelques exemples.
M. Larrouturou critique le souhait du PRES Sorbonne Universités de se créer sous forme de Fondation de Coopération Scientifique (FCS), alors que c'est l'un des statuts expressément prévus par la loi pour constituer un PRES. M. Larrouturou serait-il au-dessus des lois et voudrait-il gouverner les universités à la place de leurs Présidents et de leurs Conseils démocratiquement élus ? Cette ingérence et cette négation du droit sont inacceptables.
M. Larrouturou recommande à l'Etat de ne pas reconnaître notre PRES tant que des grandes écoles ne l'auront pas rejoint. Il veut donc aussi imposer la composition de notre groupement. Pour qu'un PRES puisse réussir, il doit se créer librement : les mariages forcés réussissent rarement. En outre, que sait-il des négociations actuellement en cours avec nos partenaires des grandes écoles ?
Alors que le pré-rapport Aghion insiste sur la nécessité de donner l'autonomie immobilière aux universités, M. Larrouturou propose de créer un établissement public (EPAURIF) chargé du « pilotage » de la rénovation immobilière de toutes les universités franciliennes. Ce véritable retour en arrière, à un système qui a fait la preuve de son inefficacité, confisque encore une fois leur liberté de gestion aux universités.
UN RAPPORT PARTIAL ET MAL INFORME
L'hostilité de M. Larrouturou au PRES Sorbonne Universités est claire :
M. Larrouturou reconnaît que « pour chaque PRES,... la question des redondances est délicate ». Mais pour le PRES 2-4-6, il considère que « les champs disciplinaires des trois universités ne se recouvrant pas, elles n'ont pas de terrain naturel pour développer des coopérations ». C'est justement parce que les disciplines que nous enseignons sont différentes que nous sommes parfaitement complémentaires. Pour s'unir, mieux vaut ne pas être en concurrence.
En retard dans son information, M. Larrouturou ignore totalement les coopérations actuellement mises en œuvre entre les trois universités en matière de pédagogie, de recherche et de vie étudiante. M. Larrouturou a rompu tout contact avec notre groupement depuis que nous avons souhaité ne pas constituer d'EPCS et lui avons fait remarquer que les affectations de bâtiments qu'il avait proposées étaient irréalistes parce que faites sans concertation avec les propriétaires (Ville de Paris ou Assistance Publique) et concernaient des bâtiments indisponibles.
Contrairement à ses informations dépassées, nous modifierons le nom de notre PRES qui, lorsque nos Conseils l'auront approuvé, s'appellera Sorbonne Universités et non plus La Sorbonne, pour tenir compte des demandes des autres universités, du Recteur et de la Ville de Paris.
Selon M. Larrouturou, notre PRES envisagerait « de délivrer le doctorat sous le timbre d'une Association 1901 » et proposerait « de créer une fondation de coopération scientifique qui ne jouerait aucun rôle en matière de coopération scientifique ». Cette affirmation est également fausse : nos Conseils sont saisis de la transformation de notre regroupement actuel, constitué sous forme associative, en une Fondation de Coopération Scientifique, forme juridique que d'autres groupements souhaitent aussi adopter.
Pourquoi un tel rapport est-t-il publié maintenant alors qu'il s'oppose :
- aux objectifs fixés par le Président de la République,
- à la politique du gouvernement prônant l'autonomie des universités,
- au pré-rapport Aghion transmis il y a quelques semaines à la Ministre qui recommande l'autonomie en matière de gouvernance, de pédagogie et de gestion immobilière ?
Comment un texte aussi conflictuel et incohérent a-t-il pu être repris à son compte par la Ministre ?
Dans ces conditions, nous en appelons au Président de la République pour qu'il fasse prévaloir la force de la loi. Nous demandons instamment l'ouverture de véritables discussions afin de mettre un terme à une controverse qui n'a pas lieu d'être si nous voulons donner à Paris et à la France une université qui figure parmi les meilleures en Europe et dans le monde.
Louis Vogel, Président de l'Université Panthéon-Assas (Paris 2) ; Georges Molinié, Président de l'Université Paris Sorbonne (Paris 4) ; Jean-Charles Pomerol, Président de l'Université Pierre et Marie Curie (Paris 6)
Contact Presse : marine.bollack@u-paris2.fr / Tél : 01 44 41 56 13
mise à jour le 6 septembre 2011