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Publié le 22 mars 2010
Quand des célébrités sont au coeur d'une affaire de diffamation, c'est finalement le droit qui a la vedette !
Cours d'interprétation donné en public par un Maître de musique ou de théâtre à un élève-interprète de haut niveau, la Master Class adaptée à la discipline juridique constitue un véritable exercice de plaidoirie.
Proposée à l'Université Panthéon-Assas par le professeur Pierre-Yves Gautier, en collaboration avec l'IEJ et avec le soutien du professeur Philippe Théry et de Madame Astrid Marais, cette formule originale de cours de droit en situation connaît un succès qui ne se dément pas depuis sa première édition en 2008.
Il faut dire que les procès instruits, bien qu'imaginaires, ont de quoi "captiver les foules" : après l'affaire Nicolas Sarkozy et Carla Bruni contre Ryanair puis celle opposant le photographe François-Marie Banier à l'un de ses sujets, les protagonistes de la Master Class 2010 se sont penchés sur la plainte en diffamation du docteur Stéphane Delajoux contre le producteur Jean-Claude Camus. Ce dernier, répondant à une interview, avait en effet parlé de "massacre" à propos de l'opération du chanteur Johnny Hallyday en décembre 2009.
Près de 300 étudiants, enseignants, membres du personnel et professionnels du droit étaient donc réunis dans l'amphi IV du centre Assas le 22 mars 2010 afin d'assister aux plaidoiries devant l'improbable tribunal correctionnel constitué pour la circonstance, présidé par Madame Françoise Marais, conseiller à la première chambre civile de la Cour de cassation et présidente de l'HADOPI, assistée par Virginie Tesnière et Alexandre Entraygues, tous deux avocats à la Cour.
Les débats se sont avérés extrêmement intéressants tant pour les futurs juristes praticiens que pour les novices en la matière, car, loin de révéler l'intimité des stars, ils ont percé à jour de bien plus passionnants secrets...
Procédure, loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, exceptio veritatis, "obligation d'information du médecin à son patient", dispense de peine, sursis à statuer : toutes ces notions ont été intelligemment évoquées par Laura d'Ovidio et Laetitia Basset, étudiantes du M2 Propriété littéraire, artistique et industrielle, pour la partie civile, Clément Monnet, avocat à la Cour pour Jean-Claude Camus, et Pierre-Yves Gautier, aussi pédagogue que facétieux, dans son rôle de substitut du procureur.
Et c'est dans une bonne humeur studieuse que la leçon s'est poursuivie pendant les délibérés auxquels la salle a largement contribué.
D'anecdotes amusantes en références édifiantes, la présidente Françoise Marais a animé avec brio une discussion enflammée autour de la définition de la diffamation, la personnalité du plaignant et l'influence de la Cour européenne dans l'évolution des verdicts. Très sensible à la qualité des argumentations de chacun, elle a félicité les participants, "brillants face à une affaire difficile". Malgré son avis tranché sur la question, elle a suivi la position de ses assesseurs, en accord avec la majorité du public. Condamnant Jean-Claude Camus à payer une amende de 2000 euros ainsi que 5000 euros au titre de dommages et intérêts, elle a néanmoins profité de sa fictive position pour exprimer son opinion et inviter Clément Monnet à faire appel.
Voilà peut-être une idée à saisir pour la Master Class 2011 !
mise à jour le 2 avril 2010